De la première, en 2008 avec Manchester United, à la dernière dix ans plus tard en guise de chant du cygne au Real Madrid, Cristiano Ronaldo a à peu près tout vécu en finale de Ligue des champions. Classement subjectif, de celle où il a le moins brillé à celle qu’il a le plus dominée.

Cristiano Ronaldo est l’homme des records de la Ligue des champions, encore plus omniprésent dans les catégories offensives que Titanic aux Oscars en 1998. Il en est le meilleur buteur, le meilleur passeur, et tout un tas d’autres choses qui remplissent sa page Wikipedia. Seul Iker Casillas y a disputé plus de matches que lui, et seul Paco Gento, légende du Real Madrid hégémonique des origines, a plus soulevé la coupe aux grandes oreilles.

En six finales, de Moscou 2008 à Kiev 2018, le Portugais a pratiquement tout vu, tout vécu. Deux succès aux tirs au but, l’un en manquant sa tentative, l’autre en réussissant la frappe décisive. Une défaite logique. Une victoire inespérée en prolongation. Une rencontre survolée, d’autres où ses coéquipiers (Di María, Ramos, Benzema, Modric, Isco, Bale…) lui volent la vedette. Le jeu du Portugais s’est transformé, aussi. Le provocateur incessant s’est morphé en tueur de sang-froid, simplifiant son jeu quitte à devenir neutre hors de la surface pour mieux briller à la finition. Avec quatre buts et cinq couronnes, le bilan est évidemment positif, à défaut d’être uniforme.

2016 – Le neutralisé Real Madrid-Atlético de Madrid: 1-1 a.p. (5-3 tab)

Contexte. L’ère Rafa Benítez a viré au fiasco: début janvier, le Real n’est que troisième en Liga, l’ancien coach de Liverpool a voulu empêcher Luka Modric de réaliser ses extérieurs du pied chéris, et Zinédine Zidane est appelé à la rescousse. La Ligue des champions devient le seul moyen de sauver une saison également marquée par la disqualification sur tapis vert en Coupe du Roi, pour avoir fait jouer un Cheryshev pourtant suspendu. Pendant ce temps, Cristiano Ronaldo est devenu le meilleur buteur de l’histoire du club, il a battu le record de buts en phase de poules de C1 et dépassé les cinquante réalisations toutes compétitions confondues pour la sixième (et dernière) saison de suite. Dans la route vers la finale, le Portugais a été particulièrement décisif en quarts contre le Wolfsburg de Dante, Luiz Gustavo et Julian Draxler, son triplé au retour effaçant la défaite 2-0 en Allemagne à l’aller.

Le match de CR7. « Même si Ronaldo passait totalement à côté de son match, il se créait trois occasions de but », écrit Sir Alex Ferguson dans son autobiographie. Il peut être neutralisé par son adversaire direct (Juanfran, en l’occurrence), et peu trouvé par un Real étouffé par la pression de l’Atlético, ou alors dos au jeu pour des remises en retrait neutres, sans pouvoir percuter, elles finissent toujours par arriver. Son passage en pointe à la sortie de Karim Benzema (77e) est le déclic: premier tir dangereux dans la foulée, servi par Modric, avant de buter une minute plus tard sur la sortie de Jan Oblak après une percée de Gareth Bale. Mais hormis un coup franc dans le mur et un tir contré en prolongation, c’est à peu près tout et c’est bien peu.

À quoi sert Cristiano Ronaldo s’il n’est pas dangereux offensivement? Sûrement pas à défendre. Quand il ne se replace pas, le Real s’organise en 4-4-2 et Toni Kroos doit couvrir le couloir gauche. Une perte de balle dans son camp de CR7 est à l’origine du penalty envoyé sur la barre par Antoine Griezmann en tout début de seconde période, au cœur de la tempête rojiblanca. Puis, il observe sans réagir Gabi lui passer devant et donner l’avant-dernière passe à Juanfran sur l’égalisation logique de Yannick Carrasco, répondant à l’ouverture du score d’un Sergio Ramos pourtant hors-jeu.

Le tir au but vainqueur de Ronaldo, prenant à contre-pied un Oblak pas inspiré du tout sur la séance, effacera bien vite ces cent-vingt minutes délicates, comme l’Euro et le quatrième Ballon d’or remportés les mois suivants.

2018 – L’éclipsé Real Madrid-Liverpool: 3-1

Contexte. Pour la dernière saison de l’ère Zidane I et de Cristiano Ronaldo dans la capitale espagnole, le Real cède sa couronne nationale et termine à dix-sept points du Barça en Liga. Une nouvelle fois meilleur buteur du club (quarante-quatre réalisations toutes compétitions confondues) et de la Ligue des champions (pour la sixième saison consécutive), CR7 marque le but de l’année contre la Juventus en quart de finale aller, un splendide retourné qui lui vaudra l’ovation de son futur public turinois, avant d’inscrire le penalty décisif au bout des arrêts de jeu au retour.

Le match de CR7. Cette fois, c’est enfin la bonne. Le match est plié, le Real mène 3-1, Kroos lance une dernière fois Cristiano Ronaldo en profondeur. Le Portugais n’a plus qu’à se jouer de Virgil van Dijk, qui l’a frustré un peu plus tôt, pour finir. Un dribble derrière la jambe d’appui pour revenir sur son pied gauche… et rien. Juste à côté de lui, deux stadiers se jettent pour plaquer au sol un supporter venu profiter de l’action au plus près. Le dénouement d’une finale où Cristiano Ronaldo aura été éclipsé par tous ses coéquipiers, ou presque.

Par Sergio Ramos, d’abord, dont la prise de judo sur Mohamed Salah met fin à la finale de l’Égyptien et assomme les Reds. Par la technique de Modric, Isco, Kroos et Benzema, ensuite, joueurs clés dans la maîtrise technique du Real pour dompter le pressing de Liverpool dans l’entrejeu, en exploitant la largeur du terrain. Par l’entrée tonitruante de Gareth Bale, enfin, son retourné comme une contrefaçon de celui de CR7, moins élégant mais tout aussi impressionnant, et sa frappe flottante de loin qui échappe à Karius. Cristiano Ronaldo est discrètement impliqué en amont des deux buts du Gallois, preuve de sa faculté, quand il ne parvient pas à faire la différence seul (un tir angle fermé au-dessus, une tête hors-jeu repoussée par Karius, un face à face anéanti par Robertson), à se fondre sobrement dans le jeu collectif – quelques habituels grigris statiques exceptés.

« Il est comme le vin de Porto, il sait tirer parti au maximum de ses capacités et de son âge, affirmera son sélectionneur Fernando Santos trois semaines plus tard. Il évolue constamment, pas comme les joueurs normaux. Il ne fera plus les mêmes choses qu’aujourd’hui dans deux ou trois ans, et ne fait plus des choses qu’il faisait il y a quatre ou cinq ans. Il se connaît très bien et sait ce qu’il peut faire. » À Kiev, même sans un grand Ronaldo, les Merengues livrent leur meilleure finale dans le jeu sous les ordres de Zinédine Zidane et offrent une cinquième Ligue des champions à leur star, en guise de cadeau d’adieux.

2009 – L’impuissant FC Barcelone-Manchester United: 2-0

Contexte. En 2002, quand Sir Alex Ferguson avait annoncé vouloir « renverser Liverpool de son p*** de perchoir », Manchester United comptait encore quatre titres de champion d’Angleterre de retard sur les Reds. Au printemps 2009, l’écart est enfin comblé, avec le dix-huitième sacre national des Red Devils, également vainqueurs de la League Cup. Dernier objectif: devenir la première équipe à conserver sa couronne européenne depuis le Milan de Sacchi en 1990. Cette saison-là, Cristiano Ronaldo, en échec en Premier League de fin novembre à fin janvier, n’inscrit que dix-huit buts en championnat (vingt-six toutes compétitions confondues), mais il bat son record personnel en Ligue des champions et marque le but de l’année, un missile longue portée à Porto, en quarts de finale.

Le match de CR7. « Si ça ne tenait qu’à moi, je ne jouerais que des matches importants, confiait  Cristiano Ronaldo dans France Football en octobre 2019. Ceux de l’équipe nationale et de la Ligue des champions. C’est ce genre de rencontres qui me motivent, celles avec un enjeu, un environnement difficile, une pression. » Mais dans ce contexte, le sentiment d’impuissance face à un adversaire franchement supérieur est logiquement exacerbé, jusqu’à générer, dans ce cas précis, plusieurs mauvais gestes envers Carles Puyol, sanctionnés d’un carton jaune.

Au Sporting, Laszlo Bölöni avait déplacé le jeune Cristiano dans le couloir pour lui épargner la rudesse des défenseurs centraux adverses. Sept ans plus tard à Rome, Sir Alex Ferguson le titularise dans l’axe d’un 4-2-3-1, exilant Rooney à gauche. Propre dos au but, Ronaldo s’en accommode très bien: après un coup franc de vingt-cinq mètres difficilement repoussé par Victor Valdés pour se mettre en jambes, il profite de la liberté de décrocher accordée par la charnière Touré-Piqué pour tenter de reproduire son chef d’œuvre portuan. Il martyrise également le défenseur espagnol en transition, affichant ses progrès dans la prise d’espaces sans ballon.

Mais en face, même privé de Dani Alves et Éric Abidal, suspendus, le Barça de Guardiola an I, qui a tout raflé en Espagne, a simplement besoin de se rassurer. L’ouverture du score de Samuel Eto’o contre le cours du jeu libère les Catalans, qui mettent le pied sur le ballon. La finale tourne à la frustration pour CR7, peu alimenté hormis sur un centre devant le but de Rooney, même quand il est désaxé dans le couloir gauche à l’entrée de Dimitar Berbatov. Son compteur de trophées à MU reste bloqué à neuf.

2014 – Le soulagé Real Madrid-Atlético de Madrid: 4-1 a.p.

Contexte. Après cinq ans d’espoirs déçus, Cristiano Ronaldo retrouve la finale de la Ligue des champions le 24 mai 2014, la première du Real depuis 2002. Sur le banc, Carlo Ancelotti a succédé à José Mourinho après ses trois échecs en demi-finale dans la quête de la Décima. Troisième de Liga à trois points du champion colchonero malgré l’arrivée de Gareth Bale, les Merengues ont remporté la Coupe du Roi contre le Barça. Pichichi (meilleur buteur de la Liga), CR7 a inscrit cinquante-et-un buts toutes compétitions confondues, dix de plus que Messi, dont seize en Ligue des champions  avant la finale, en route vers le record sur une seule édition.

Le match de CR7. À le voir sprinter torse nu vers le poteau de corner et exulter en contractant tous les muscles de son corps, on croirait que Cristiano Ronaldo vient de marquer un but spectaculaire et décisif, qui change le cours de la finale. En réalité, son penalty dans le temps additionnel satisfait surtout sa quête d’accomplissement personnel, alors que Marcelo avait déjà tué le suspense quelques minutes plus tôt. Mais pour lui, un but reste un but, peu importe comment, peu importe quand, surtout sur la plus grande scène continentale.

Comme dans la plupart de ses finales avec le Real, le Portugais est assez libre axe gauche. Un coup, il vient à l’intérieur du jeu entre les lignes, pour servir d’appui dos au but avant d’aller dans la surface; un autre, il décroche vers le couloir pour recevoir face au jeu, faire un petit grigri peu utile et décaler, puis court vers le but, toujours. Autour de lui, Coentrão, Di María et Benzema compensent ses déplacements.

Alors que le Real peine dans le jeu et multiplie les centres face à la rigueur de l’Atlético, Ronaldo est principalement dangereux sur coup franc et sur corner. Mais il aurait, surtout, dû être décisif pour ses services à Gareth Bale: une course sans ballon qui ouvre le but au Gallois, un appui parfait à l’entrée de la surface, un une-deux dans le bon timing, tous gâchés par la finition maladroite de l’ancien de Tottenham. Il faut la tête de Sergio Ramos au bout du temps additionnel pour effacer l’ouverture du score de Godín.

En prolongation, CR7 est impliqué sur les trois buts, plus ou moins directement: son sprint défensif pour reprendre Sosa débouche, de l’autre côté du terrain, sur une énième percée folle de Di María et le but de Bale; il est dernier passeur sur le 3-1 signé Marcelo; il provoque un penalty qu’il transforme en prenant Courtois à contre-pied, pour l’explosion de joie que l’on sait. Dans tous les bons coups même sans véritable coup d’éclat, Cristiano Ronaldo remportera son troisième Ballon d’or en janvier suivant.

2017 – Le tueur Real Madrid-Juventus: 4-1

Contexte. Pour sa première saison pleine sur le banc madrilène, Zinédine Zidane s’appuie sur l’ossature couronnée en 2016 et remporte quatre titres, dont un trente-troisième sacre national. Cette saison-là, Cristiano Ronaldo (quarante-deux buts toutes compétitions confondues) devient le meilleur buteur de l’histoire des cinq grands championnats européens, devançant les 366 réalisations de l’Anglais Jimmy Greaves. Prolongé jusqu’en 2021 avec une clause libératoire d’un milliard d’euros, il inscrit deux triplés de suite en Ligue des champions, contre le Bayern et l’Atlético. L’aéroport de Madère est renommé en son honneur.

Le match de CR7. À Manchester United, Cristiano Ronaldo avait beaucoup travaillé avec René Meulensteen pour devenir plus efficace devant le but. Visualisation de situations, diagrammes, division des trente derniers mètres en zones pour aider à la prise de décision, couleurs affectées aux quatre coins du but: l’adjoint néerlandais de Sir Alex Ferguson voulait en faire un tueur de la trempe des Alan Shearer, Gary Lineker, Ole Gunnar Solskjaer et Ruud van Nistelrooy. La transformation est accomplie bien avant la finale du Millenium de Cardiff, mais elle s’y manifeste une fois de plus.

Ronaldo ne touche son premier ballon qu’à la huitième minute. Mais sur son premier tir, à la vingtième, il fait déjà mouche, reprenant le centre en retrait de Carvajal, qu’il avait décalé avant de se lancer vers le but dans son mouvement fétiche. En seconde période, il attaque le bon espace entre Chiellini et Bonucci, pour une fois trop espacés, pour reprendre le centre de Modric au premier poteau. « Son jeu a évolué, c’est une bête dans la surface, témoigne Clément Lenglet dans L’Équipe un an plus tard. Si j’avance, il recule. Si je vais à droite, il va à gauche. Il est toujours dans le contre-pied, on a très souvent un temps de retard. » La barre des 600 buts en carrière est atteinte. « Avec lui, le match débute à 1-0 ou 2-0 pour eux, toujours », dira Massimiliano Allegri, victime d’un nouveau doublé en 2017/18, en quarts cette fois.

Dans une finale équilibrée jusqu’à l’imposition de l’hégémonie du Real en seconde période, le Portugais, assez peu impliqué dans le jeu par ailleurs, démontre aussi toute sa science de la prise des espaces. Il fait mine de décrocher pour demander dans les pieds, un petit saut pour fixer son défenseur et il détale dans son dos. Celui de Barzagli, aligné couloir droit, a été particulièrement ciblé par tous les offensifs madrilènes. En attaquant celui d’Alex Sandro, Ronaldo donne une balle de but à Bale, sortie de justesse par Bonucci. Élu homme du match, Cristiano Ronaldo est devenu l’homme des moments clés, sobre mais efficace quand et où ça compte.

2008 – L’insaisissable Manchester United-Chelsea: 1-1 a.p. (6-5 tab)

Contexte. Dix jours avant de retrouver Chelsea à Moscou, le 21 mai 2008, les hommes de Sir Alex Ferguson ont distancé les Blues à la dernière journée pour décrocher leur dix-septième couronne d’Angleterre, la deuxième consécutive, l’année du cinquantième anniversaire du crash de Munich qui avait décimé les Busby Babes. L’exercice 2007/08 offre un premier aperçu de la machine à marquer que deviendra Cristiano Ronaldo: ses trente-et-une réalisations en Premier League lui assurent son premier trophée de meilleur buteur.

Le match de CR7. Les finales ont beaucoup fait pleurer Cristiano Ronaldo. Quand il perd, comme à l’Euro 2004, mais aussi quand il gagne. Les larmes de l’Euro 2016 étaient celles d’un blessé impuissant. Celles de Moscou 2008, après l’arrêt décisif de Van der Sar devant Nicolas Anelka, parurent sur le coup égoïstes, surjouées, lui effondré seul dans le rond central alors que ses coéquipiers s’enivraient de la torrentielle averse moscovite. Elles étaient en fait la manifestation enfantine de l’immense soulagement d’un obsédé de la victoire.

Le Cristiano de 2008 était un provocateur insatiable, un déstabilisateur martyrisant sans relâche ses adversaires directs. La victime du jour s’appelle Michael Essien, contre-attaquant utile mais défenseur totalement perdu et désarmé face au Portugais. Le premier duel annonce le calvaire du Ghanéen, en retard sur la prise de balle de CR7, qui lui infligera tout, mais toujours au service du jeu: passements de jambe (quasi systématiques à chaque ballon touché), accélérations, décrochages, prise de profondeur… et but de la tête, sur un centre de Wes Brown au second poteau. Essien a mal jugé la trajectoire et n’a même pas sauté. « À dix-neuf/vingt ans, j’ai compris que le football, c’était des chiffres, des titres, des records, confia Ronaldo à France Football en octobre 2019. Pas juste des performances sur le terrain ou des dribbles. Si tu veux réussir à remporter quelque chose, il faut que tu marques. Marquer, c’est la chose la plus importante en football, après la victoire de ton équipe. Mais les deux sont liés. J’ai donc évolué dans ma façon de jouer et de penser le foot. Au début, je dribblais, je faisais le spectacle à grands coups de passements de jambes. J’ai réalisé que ce n’était pas suffisant. Qu’il fallait que je marque des buts. J’ai eu la chance, à Manchester, d’avoir à mes côtés des grands joueurs qui me l’ont fait comprendre et m’ont aidé à améliorer ma technique. »

La transformation est en marche. Dans le jeu, Ronaldo joue toujours juste, bien complété par les dédoublements de Patrice Evra. Celui qui, à l’académie du Sporting, se mettait  des poids aux jambes et courait dans les rues devant l’académie, pour gagner en force et en vitesse, fait planer la menace en transition quand Chelsea émerge après une entame exclusivement rouge. Tevez ne profite pas de son offrande après la demi-heure, ou plutôt Petr Cech fait du Petr Cech et s’interpose à deux reprises. La finale est rythmée, engagée. Ferdinand et Vidic livrent un duel de titans à Didier Drogba, qui se fera exclure en prolongation pour une gifle sur la joue du Serbe; Ricardo Carvalho s’essuie les crampons sur le tibia de CR7, un seul petit jaune en guise de réprimande. Cela n’empêchera pas le Mancunien de faire sentir à Claude Makelele ses jambes de trente-cinq ans sur une longue accélération.

Un tir au but manqué peut-il effacer toute l’histoire d’un match? Cette finale de 2008 est la seule totalement survolée par Cristiano Ronaldo. Ses larmes de soulagement viennent peut-être aussi de là: lui avait tout fait pour la gagner plus tôt, alors qu’elle aurait aussi pu lui échapper sur le penalty non accordé à Malouda ou le poteau de Drogba. Quand Cech ne se laisse pas embarquer par l’arrêt dans sa course d’élan et repousse, du visage, son tir au but contrarié, mi-hauteur et mi-côté, idéal pour un gardien, la quasi perfection de son match est compromise. Qui se souvient des bons perdants? La glissade providentielle de John Terry puis la détente de Van der Sar rattrapent le coup. Consolé par Queiroz, Giggs et Ferguson, Ronaldo retrouve enfin le sourire, joyeux comme un enfant, une coupe qu’il ne veut plus lâcher à la main. C’est la première page symbolique de l’histoire certes contrastée, mais surtout couronnée, de Cristiano Ronaldo en finale de Ligue des champions.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here