Né le 27 Avril 1931 à Béjaia, Abdelhamid Kermali quitte très tôt les bancs de l’école pour s’adonner à la pratique du football à l’Union Sportive de la Médina de Sétif où il signe sa première licence en 1948. Tantôt attaquant de pointe, tantôt ailier droit, il quitte discrètement Sétif pour signer à l’USM Alger. Ce qui lui vaut une suspension de deux ans. Véritable téméraire, il traverse la méditerranée et se retrouve dans le club amateur de Mulhouse. Dans le championnat amateur, il surclasse partenaires et adversaires et des clubs du pallier supérieur s’intéressent à lui. Une année après son arrivée en France, il signe à l’AS CAnnes en D2 et rejoint son compatriote Moustapha Zitouni. En 1957, le coach cannois est recruté par l’olympique Lyonnais. Il y emmène Kermali. Après une première saison de rêve avec Lyon, il met fin à sa carrière professionnelle et rejoint l’équipe du Front de Libération Nationale le 13 Avril 1958. En cette période de lutte pour l’indépendance, cette équipe à travers des matchs amicaux, sensibilisera le monde entier sur « la cause algérienne ». Y figuraient entre autres : Mokhtar Arribi, Rachid Mekhloufi, Moustapha Zitouni, Abdelazziz Bentifour, Ahmed Oudjani…Après les accords d’Evian scellant l’indépendance de l’Algérie le 05 Juillet 1962, il signe au club de ses débuts l’USM Sétif. Il y reste jusqu’en 1966. L’année suivante, il rejoint pour une dernière saison (comme entraîneur joueur) l’Entente Sportive de Sétif. Devenu entraîneur à partir de 1967, il innove en révolutionnant le football de son équipe qui, désormais joue de manière technique avec de courtes passes et de beaux enchaînements. Quelques années plus tard, il prend la barre technique de nombreux clubs algériens (USM Annaba, CA bordj Bou arreidj, CS Constantine). En 1979, il est champion d’Afrique juniors avec l’Algérie et obtient le droit de jouer le mondial de la catégorie au Japon. Peu après, il s’occupe d’autres clubs algériens, avant d’obtenir la barre technique de l’équipe nationale sénior, suite à la démission de Kamel Lémoui le 08 Octobre 1989, après le nul blanc contre l’Egypte à Annaba, en éliminatoires du mondial 90. Au match retour, les fennecs s’inclinent 0-1 et ratent de peu le mondial. Après cet échec, kermali remobilise ses troupes en vue de la CAN qui se déroulera en Algérie. La star Lakhdar Belloumi traîne les pieds pour se rendre au regroupement. Il est victime des principes de son coach et ne jouera pas la CAN. Le 16 Mars 1990, il connaît l’apothéose de sa carrière, en remportant la CAN avec seulement quatre joueurs évoluant en Europe à savoir : Rabah Madjer, Amani Djamel, Cherif Oudjani et Djamel Menad. Deux ans plus tard, la CAN se joue au Sénégal et L’Algérie est logé dans la poule C à Ziguinchor en compagnie de la Côte d’Ivoire et du Congo Brazzaville. Après une défaite 0-3 contre la Côte d’Ivoire et un nul 1-1 contre le Congo, les fennecs ne passent pas le premier tour et Kermali est limogé. Responsable jusqu’au bout des ongles, il prend entièrement sur lui, la responsabilité du revers. A son retour, il retourne à Sétif qu’il entraîne par intermittence jusqu’à sa retraite en 2004. Les autorités sportives lui organisent un jubilé les 17, 18 et 19 Mai 2006, au cours duquel ses amis de l’équipe du FLN et les internationaux de la période 1982-1990, lui rendent un vibrant hommage. Même Belloumi, qu’il avait écarté en 1990, effectue le déplacement de Sétif. Depuis, sa santé se dégrade et il est régulièrement interné dans les hôpitaux. En Mars 2013, il est interné aux soins intensifs l’hôpital militaire d’Alger. Le 13 avril 2013, après avoir longtemps lutté contre la maladie, il rejoint ses amis de l’équipe du FLN Mohktar Arribi, Abelazziz Bentifour, Mustapha Zitouni, Ahmed Oudjani au royaume des cieux. Ironie du sort, il rend l’âme le jour du 55ème anniversaire de la création de l’équipe du FLN. Dors en paix « Cheick » Kermali. « A Dieu nous appartenons et à lui nous retournons ».

Mohamed soumaré

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