19 Décembre 1973, au stade de Maracana (Estadio Mario Filho), Manoel Francisco Dos Santos dit Garrincha offrait à ses fans, son dernier tir, son dernier but, son dernier crochet et son dernier petit pont, à la faveur d’un match de jubilé organisé en son honneur, afin qu’il puisse avoir de quoi se retourner, après sa carrière. Une recette qui a fondu comme beurre au soleil. C’était le point d’orgue d’une carrière débutée en 1953, sous les couleurs Botafogo. Rien à priori, ne prédestinait ce miraculé de la vie à une grande carrière footballistique. En effet, durant son enfance, il contracte une curieuse maladie et s’en sort avec un dos courbé, des jambes archées et une colonne vertébrale tordue. il était plutôt doué dans la chasse au Garrincha ( oiseau de la forêt tropicale brésilienne). Sur les terrains vagues, il réussit à dribbler de manière déconcertante ses adversaires, ce qui lui vaut de signer dans les catégories de jeunes de son quartier de Pau Grande. Quelques années plus tard, il est engagé par Botafogo. Il a alors 20 ans et fait parler de lui dans tout le pays. En 1958, il est présent en Suède en compagnie de Pelé. Sur insistance de Nilton Santos, il est aligné avec Pelé en lieu et place de Joël et Altafini. Au finish, le Brésil remporte son premier mondial, en partie grâce aux dribbles et aux centres de Garrincha, qui mettent sur orbite, Didi, Vava et Pelé. En 1962, Pelé se blesse et son remplaçant Amarildo profite des centres et crochets de Garrincha et le Brésil remporte son second mondial. L’année 1966, sera la pire pour les « auriverdes », qui sont éliminés au premier tour de la worldcup anglaise. Depuis, il devient un fantôme sur les terrains et sa carrière se termine en queue de poisson. Il sombre dans l’alcool et le roi du contre-pied, qu’il était, devient un veritable fêtard. Ce qui lui vaut le surnom de « apovo del poyo » ( la joie du peuple). Après huit hospitalisations en un an, dues à une cirrhose du foie, Il quitte ce bas monde le 20 janvier 1983, laissant derrière lui une femme, 13 enfants et un public nostalgique. Quelques jours plus tard, ce sont des millions de Cariocas qui accompagnent son cercueil (placé sur le toit d’une voiture de pompier), du stade Maracana à Pau Grande, d’où il rejoint sa dernière demeure. Depuis, son buste figure dans le musée du stade Maracana et le grand Stade de Brasilia porte son nom, afin que nul n’oublie, celui dont les dribbles poussaient ses vis-à-vis à la dépression nerveuse. Dors en paix Mané (le petit Manoel). A Dieu nous appartenons et à lui nous retournons.

Mohamed Soumaré

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