Né le 27 Mars 1921 à Campinas, dans l’état de Sao Paulo, Moacyr Barbosa commence à taper dans la balle, dans les rues de sa ville natale à l’âge de 5 ans. Après avoir quitté les bancs de l’école au niveau du primaire, il apprend la menuiserie et prend ensuite la direction de Sao Paulo où l’ailier droit qu’il est, joue dans un club de quartier. Un jour, suite à la blessure du portier de l’équipe, il le remplace et prend goût au poste où « on ne court pas beaucoup », selon lui. En 1945, il est recruté par le puissant club de Vasco de Gama et s’y impose comme gardien de but titulaire, grâce à sa détente, son sens du placement et ce malgré son mètre 76. En 1949, le coach de la « seleçao », Flavio Costa le sélectionne pour la Copa América qui se déroule au Brésil. Les auriverde remportent le trophée et Barbosa confirme son titre de meilleur gardien du brésil, malgré les préjugés que les gens avaient sur les noirs (leur manque de concentration pour être gardien de but) à cette époque. L’année suivante, la coupe du monde se joue au Brésil. Les millions de cariocas, ne rêvent que du trophée. Cette année là, la FIFA décide de faire jouer la seconde phase de la compétition sous forme de championnat. Le 16 Juillet 1950, le match décisif Brésil-Uruguay a lieu dans l’immense stade Maracana. Les brésiliens ayant gagné tous leurs matchs précédents peuvent se contenter d’un nul pour remporter le trophée. Après avoir ouvert la marque en début de seconde mi-temps, les « auriverdes » sont rejoints au score à la 66ème minute de jeu. A 11 minutes du coup de sifflet final du referee anglais George Reader, l’ailier droit uruguayen Gighia prend de vitesse son vis à vis, fait mine de centrer et trompe Barbosa en marquant dans l’angle que ce dernier avait fermé. Une chape de plomb s’abbat sur Maracana. A la fin du match, les 150 000 spectateurs de Maracana sont en pleurs. Pris de panique, les officiels brésiliens ont oublié le cérémonial de clôture du tournoi. C’est presque discrètement que Jules Rimet (président de la FIFA) remet la coupe au capitaine Uruguayen Varéla. Le commun des brésiliens s’accorde à faire porter le chapeau à Barbosa, qui toute sa vie portera, comme une croix sur le dos, l’entière responsabilité de ce second but. Après ce match appelé par ses compatriotes « Maracanazo » (la bombe de Maracana), il continue à jouer à Vasco de Gama et y remporte plusieurs titres. en 1953, il se blesse lors d’un match de championnat, suite à un choc avec un attaquant de Botafogo. Cet accident l’empêche de participer au mondial suisse de 1954. Il reste à Vasco jusqu’en 1960 et migre vers le club de Campo grande où il prend sa retraite en 1962. L’année suivante, à l’occasion de la réfection du stade de Maracana, les poteaux carrés dans lesquels il avait pris les 2 buts de la finale de coupe du monde 1950, lui sont offerts en guise de service rendus à la nation. Le même jour, il les utilise comme bûche de feu, pour se faire un barbecue. Après sa carrière, une vie d’errance commence pour « le damné » du football brésilien. En 1993, le ministre des sports l’empêche de voir les joueurs brésiliens en regroupement, préparant un match éliminatoire du mondial 94, le traitant par la même occasion de porte malheur. La même année, le président de la fédération brésilienne de football, Ricardo texeira, instruit à une chaîne de télévision de ne pas l’utiliser comme consultant, lors des matchs de la seleçao. Le micro lui est même retiré, avant un match. Plus tard, en 2000 il dit ceci : « La peine maximale pour un crime est de 30 ans au Brésil et moi je continue à payer, 50 ans après, pour un crime que je n’ai pas commis ». Entre temps, sa femme Clotilde meurt en 1996. Après ce décès, il s’installe sur la côte de l’état de Sao paulo dans un appartement d’une pièce, jusqu’à son décès le 07 Avril 2000. Depuis, on ne parle de lui que pour rappeler les malheurs de la « seleçao ». Aucune action n’est entreprise afin que nul n’oublie, celui que les fans maudissaient pendant son enterrement. Dors en paix Barbosa. « A DIeu nous appartenons et à lui nous retournons ».

Mohamed Soumaré

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