Le belge Daniel Claesen est l’un des rares étrangers à maîtriser le football africain par coeur et son parcours en témoigne. Ancien sociétaire du Club Vianden, de Norden fc au Grand-duché Luxembourg, Daniel Claesen commence en 2004, sa carrière d’entraîneur sur le continent, après plusieurs stages en Tunisie. Passé par le Cameroun, la Cote d’Ivoire ( 2017) , le Mali ( 2016),le Togo et le Bénin ( Dragons de l’ouéme , l’AS Tonnerre ) de 2008 à 2011, il est aujourd’hui au pays où il continue de s’outiller résolument. Daniel Claesen a accordé un entretien à 90mnfoot dans lequel il balaie toute l’actualité du football africain, non sans émettre son vœu de revenir à la tête d’un club africain notamment un retour au Bénin où le football semble retrouver de couleurs. Lisez plutôt !

Vous faites partie de nombreux techniciens européens à avoir presté en Afrique. Quels sont, pour vous, les points forts et les faiblesses du football du continent ?

DC : La force du foot africain, c’est d’abord les bons joueurs qui évoluent dans leurs championnats respectifs. Et lorsqu’ils vont dans un autre continent, l’on se rend compte qu’un grand nombre d’entre eux réussissent leur carrière.
Le point faible du football en Afrique, dommage, c’est la mauvaise organisation et quelque fois le manque criard d’infrastructures. Toutefois, l’on remarque qu’il y a une amélioration depuis mon premier passage en Afrique en 2004.

Les pays africains n’arrivent pas encore à entrer dans le pré-carré du football mondial. Leur participation aux différentes coupes du monde est à l’image des dent d’une scie. Quel est votre avis à ce sujet ?

DC : Je pense qu’il y a, avant le début de grandes compétitions, les mêmes soucis qui reviennent. Le problème logistique, l’Éternel soucis de primes etc. Mais, je reste persuadé qu’un pays africain sera un jour champion du monde.

Le football africain pourrait-il rehausser son niveau à l’avenir ?

DC : Bien sûr, il peut rehausser son niveau à tout point de vue. Refaire un travail à la base avec des centres de formation, des clubs régulièrement en compétition, faire un cursus de travail avec les entraîneurs locaux appuyés, des fois, par l’expertise des coaches européens qui ont déjà vécu en Afrique.

Pensez-vous être disposé à diriger le staff technique d’une équipe nationale ou un club en Afrique?

DC : J’aimerais bien avoir, de nouveau, un challenge sur le continent. Concernant le staff d’une équipe nationale, je préfère m’occuper, soit des U17 ou des U20, et je suis partant pour tout club qui voudrait de mes services.

Par le passé, vous avez dirigé deux clubs béninois. Dites-nous ce que vous en retenez ? D’abord, l’AS Tonnerre ?

DC : Mon passage à l’AS Tonnerre a été une bonne expérience. J’avais sous mes ordres de très bons joueurs et surtout un comité très engagé autour du président Glèlè. Mon collègue Brice était aussi un mec sympa. Mais dommage, il n’y avait que des matchs amicaux et des tournois. Pas de championnat. Néanmoins, j’ai eu le plaisir de travailler avec des joueurs qui sont devenus internationaux béninois. Je pense à Seidou Baraze et Freddy.

Et à Dragons de l’Ouemé ?

DC : Chez les Dragons, j’ai eu un staff de bon niveau avec des hommes comme Jean-Louis Pataty, Ramon et Patrick. Le président du comité était également une bonne personne mais il était mal entouré. Quant aux joueurs, c’était un bon groupe avec des joueurs comme Charles, Emma, Guy et tous le autres.

Alors Daniel, une nouvelle expérience au Bénin vous tenterait ?

DC : Pour une nouvelle expérience au Bénin, je serai partant toute suite. Mais ce serait dans une autre casquette comme directeur sportif, directeur technique d’un club ou encore comme manager général d’un centre de formation. Aussi, serais-je sur le terrain en travaillant avec un staff de coachs locaux.

Les Diables rouges de Belgique ont fait une Coupe du monde appréciable avec des jeunes joueurs comme Romelu Lukaku et Vincent Kompany qui sont d’origine RD congolaise, ainsi que Divock Origi qui est de souche kenyane. Pourquoi la Belgique a-t-elle mis autant d’années pour monter une telle équipe après la formidable génération d’Enzo Scifo, Jan Ceulemans, Frank Vercauteren, Jean-Marie Pfaff, etc. ?

DC : Chaque génération a son vécu, et maintenant au niveau de la fédération belge, on travaille mieux je crois. Malgré des individualités comme Eden Hazard, il y a un bon collectif qui fait la force des Diables rouges.

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