Par Jules Sessiwèdé TOVODOUNON

Élu en février 2016 à la tête de la Fifa dans un contexte de crise marqué par des affaires de corruption, Gianni Infantino vient d’achever son mandat à la tête de la FIFA. Un premier mandat qui a été marqué par des réalisations marquantes, comme le passage du Mondial à 48 équipes en 2026, des coups d’arrêt et des projets comme le Mondial des clubs à 24 équipes qui ne fait pas l’unanimité. A l’heure d’être réélu pour un deuxième mandat, voici le bilan d’Infantino à la tête du football mondial.

Des réalisations qui forcent l’admiration

L’un des projets phares du candidat Gianni Infantino en 2016 est l’élargissement de la Coupe du Monde de 32 à 48 équipes. Si ce nouveau format projeté à l’horizon 2022 au Qatar a échoué, il tiendra bien dès 2026 en Amérique. Une Coupe du Monde 2026 dont l’organisation a été attribuée à un trio composé des Etats-Unis, du Canada et du Mexique. Une candidature préférée à celle du Maroc, seul challenger lors du vote en juin 2018. Si le vote est sans surprise, il faut dire que Donald Trump a mis tout son poids dans la balance en menaçant de mesures de rétorsion les pays qui ne voteraient pas en faveur du Mondial américain.
L’autre succès à mettre à l’actif de Gianni Infantino est l’organisation de la Coupe du Monde 2018 en Russie, le pays de Vladimir Poutine, qui décorera Infantino un an plus tard lors d’une cérémonie au Kremlin. Le Mondial s’est déroulé sans incidents. Les stades sont pleins à 98%, plus de 3,5 milliards téléspectateurs ont suivi la compétition remportée par la France et marquée par l’introduction de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR).
Sur le plan financier, les comptes de l’instance faîtière du football mondial se portent bien. Sur la période 2015-2018, les revenus de la Fifa atteignent un nouveau record à 6,4 milliards de dollars (5,7 mds EUR), en grande partie grâce au Mondial russe, « le plus profitable à ce jour », selon l’instance. Les réserves n’ont jamais été aussi élevées, à 2,7 mds USD (2,4 mds EUR). Un état parfait des finances qui favorise les aides aux fédérations. Promesse électorale d’Infantino, les aides versées directement aux fédérations ont été multipliées par 4, pour atteindre un total de 1,07 md USD sur 4 ans (950 M EUR), accompagnées, selon la Fifa, d’un « contrôle centralisé des dépenses » par un auditeur « indépendant ». Pour 2019-2022, Infantino promet que ces aides au développement vont encore augmenter.

Des échecs dont ils faut tirer leçons

En mars 2018, à Bogota, lors d’une réunion du Conseil, Infantino sort de son chapeau une promesse d’investissement de 25 mds USD (par un fonds anonyme mais qui semble être Softbank) pour le lancement d’un Mondial des clubs à 24 équipes, tous les 4 ans, et une Ligue mondiale des nations. Face à la rébellion notamment de l’UEFA et après des mois de débats, Infantino fait adopter en mars à Miami son Mondial des clubs à 24, à compter de juin 2021. L’UEFA vote contre. Dans une lettre adressée à l’UEFA, de grands clubs européens ont fait part de leur intention de boycotter le nouveau format. Les clubs membres de l’ECA (Association européenne des clubs) l’ont affirmé. « Nous avons une position ferme à une quelconque validation du projet de nouvelle Coupe du monde des clubs à ce jour et confirment qu’aucun d’entre eux ne prendra part à une telle compétition>>.
Le Mondial-2022 au Qatar reste à 32 équipes. Contre l’avis de beaucoup d’experts notamment de la géopolitique, Infantino insiste pour avoir 48 équipes au Mondial dès 2022 au Qatar. Ceci implique d’associer à l’organisation au moins un Etat voisin, ce qui est finalement impossible en raison du blocus qui pèse sur le Qatar. Le 22 mai dernier 2019, Infantino renonce à son projet.

Le projet à relancer

Le Mondial des clubs à 24 équipes en juin 2021 en Arabie saoudite ? Malgré un calendrier international déjà saturé et l’opposition de l’UEFA qui, dans le même temps, veut réformer la Ligue des champions en augmentant le nombre de rencontres, Infantino a fait adopter par son Conseil la tenue d’une édition « pilote » du Mondial des clubs à 24 en 2021. Se déroulera-t-elle en Arabie saoudite, comme le pensent certains, ou en Chine ? La Fifa a annoncé lundi 3 mai qu’elle allait « approcher » d’éventuels pays hôtes et faire une recommandation lors de la prochaine réunion du Conseil, à Shanghai, les 23 et 24 octobre prochains.

Sans surprise, Giannini Infantino, seul candidat à sa propre succession aura tant bien que mal réussi un premier mandat où beaucoup d’espoirs étaient placés en lui. Il sera encore plus attendu pour son deuxième mandat avec notamment la Ligue Mondiale des Nations et le Mondial des Clubs à 24 équipes.

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