Jeune et vif, footballeur discret et très remuant de par ses prestations, Paterne Counou a posé ses valises en l’Arabie Saoudite où il évolue depuis la saison dernière. Après avoir joué au Bénin et faire un tour dans la Sous-région, même si l’étape nigériane lui a laissé un goût amer, il compte ne pas baisser les bras. Avec beaucoup de calme et philosophie, il veut gérer la suite de sa jeune carrière avec tacts. Il compte revenir en sélection nationale et gagner des matches pour son pays. Son plus gros est de jouer une phase finale de coupe du monde avec les Ecureuils du Bénin.

Nous vous laisserons le soin de vous présenter à nos lecteurs.
Bonjour à tous et chers lecteurs. Je suis Paterne Counou, international béninois, évoluant à Al Jabalain, club de 2è division en Arabie saoudite. J’ai 23 ans et j’évolue au poste de défenseur central. Après mon début au championnat domestique, j’ai joué deux saisons au Niger avant de mettre le cap sur le Nigéria où j’ai évolué trois saisons. J’ai gagné deux fois la coupe nationale nigériane avec mon club

Comment la migration Niger vers le Nigeria a été faite?
Je venais de terminer champion du Niger après avoir remporté le championnat de la première division avec la Garde Nationale. L’intérêt d’Akwa United ne s’est pas fait attendre et comme j’étais en fin de contrat ma signature a été plus simple et rapide. Je n’ai vraiment pas eu du mal à m’intégrer parce que j’ai toujours su que c’est par le travail qu’on obtient sa place.

Tout semblait aller pour le mieux au Nigeria avec un brassard de capitaine à Akwa United mais patatras vous avez préféré quitter, au terme d’une bataille juridique qui vous a fait certainement laisser des plumes.
Vous savez un joueur doit toujours chercher mieux quand on est jeune il faut rêver grand surtout dans notre carrière de footballeur. Je venais de passer 3 ans à Akwa United avec deux coupes du Nigeria remportées. Ce qui n’est pas rien. J’ai profité de la trêve pour faire un tour à Sarspborg08 qui manifestait le désir de me découvrir. C’est même là que j’ai connu l’international sénégalais Crépin Diatta, avec qui je m’entends bien. Tout semblait aller pour le mieux il fallait donc que Akwa me laisse partir pour que je puisse signer, puisque j’ai convaincu le staff. Mais tout ne s’est pas passé comme je l’imaginais malgré que je sois en fin de contrat. Vous savez le Nigeria est un pays totalement à part et le football n’est pas épargné

Qu’est-ce que ce passage en force t’a laissé comme séquelles ?


Déjà je ne suis pas à Sarspborg08 aujourd’hui. C’est d’ailleurs ma plus grande séquelle. Dans cette lutte, j’ai passé pratiquement la moitié de la saison à m’entraîner seul, sans jouer. C’était une période très difficile. J’étais à deux doigts de m’engager avec un club d’un autre niveau et tout s’est effondré suite à un rapport de force entre deux parties. Au finish, je me retrouve sans club et vous savez combien de fois c’est démoralisant.

Pourquoi avoir choisi l’Arabie Saoudite alors que tu avais la possibilité de te relancer au Maroc, en Tunisie ou en Algérie ?


Le choix de l’Arabie Saoudite, c’était pour me relancer. J’avais bien sûr eu deux ou trois propositions pendant ma période de soudure mais ce n’est jamais rien de concret quand on se réfère aux clauses. Al Jabalain me voulait vraiment parce qu’il a eu le temps d’étudier mon dossier et de mon parcours au Nigeria. J’étais même à Cotonou quand l’invitation est venue et je n’ai pas hésité un seul instant.

Parlons un peu du championnat saoudien, considéré par plusieurs comme un championnat où le football ne se joue pas vraiment à part l’argent qui circule… Comment tu as vécu ta saison avec Al Jabalain, comparativement à celles passées au Nigeria ?


Le championnat Saoudien n’est plus ce qu’il était ou du moins ce que les gens pensent qu’il est. Il est ouvert aux étrangers depuis peu, notamment les brésiliens, les Nigérians, les Espagnols pour ne citer que ceux-ci. Moi je suis en division 1, l’équivalent de la deuxième division, c’est 38 journées et le rythme est infernal, mieux que ce que j’ai vécu même au Nigeria. Vous savez les Arabes mettent aujourd’hui de l’argent dans le football et se dotent donc de gros moyens pour conquérir le monde, n’y va donc pas qui veut mais qui peut, eux ne pourront t’utiliser que pour atteindre leurs objectifs. Il y a un coup de pression énorme, vous aviez d’ailleurs remarqué comme nous tous le nombre impressionnant de joueurs évoluant en Arabie saoudite ayant participé à la dernière CAN en Égypte. Même dans l’équipe de l’Algérie. J’ai vu pas mal de coéquipiers en club et adversaires en championnat qui n’ont pas fait piètre figure.

Tu as terminé en tant que meilleur joueur de ton effectif et le joueur le plus utilisé du championnat avec 35 apparitions sur 38 possibles. Les trois matchs ratés, c’était pourquoi ?


J’ai raté les trois matchs pour accumulation de carton et coup de fatigue. Vous savez je suis allé en Arabie Saoudite à un moment où la pré-saison était déjà terminée. À mon arrivée le lendemain déjà on m’a envoyé seul à Lisbonne pour ma préparation. Je n’ai vraiment pas eu le temps de me reposer et déjà je devrais être en championnat pour notre premier match. Vous comprenez qu’on peut craquer à un moment donné.

Tu n’as pas caché le fait qu’il y ait des contacts lors de nos discussions en off, après cette première expérience, tu penses continuer l’aventure ou tu as d’autres projets pour la nouvelle saison?


C’est des moments délicats où il faut beaucoup réfléchir. Pour ne pas connaître ce qui m’était arrivé au Nigeria, j’avais signé pour une saison, le club m’a bien traité, mais je suis jeune et j’ai tout le temps d’y retourner, pour avoir déjà marqué de mes empruntes lors de ma première saison. J’étudie les offres avec mon agent afin de voir les possibilités qui s’offrent à moi. Vous savez beaucoup de choses se disent malheureusement sur l’Arabie Saoudite au pays et il serait difficile de prouver le contraire malgré le niveau du football là-bas aujourd’hui.

Comment as-tu vécu ta première sélection en équipe nationale ?


C’était super, tout footballeur rêve toujours de la sélection nationale. Ça a été une surprise pour moi et j’avais vraiment aimé.

Tu as vécu comme tout le monde le parcours des Ecureuils jusqu’en Égypte où ils ont montré un beau visage, comment tu vivais ces moments ?


C’était des moments extraordinaires. C’est dans mon appartement presque tous mes amis viennent me soutenir, quand il y a un but je crie seul, je jacasse. Je ne manquais rien pratiquement. Vous savez on ne peut que se réjouir en tant que footballeur béninois. Cette prestation va augmenter la côte du footballeur béninois à l’international et je ne serais pas épargné. Donc que ça soit « pierre » ou « Jean », c’est le Bénin qui gagne.

Des coéquipiers et même des adversaires du championnat saoudien étaient à cette CAN et ont fait de bien meilleures performances, des regrets pour ta non-participation ?

C’est vrai que j’aurais aimé être de l’aventure parce que je suis un footballeur béninois en activité. Mais comme je l’ai dit, chacun de ceux qui y étaient a mérité sa place. Donc, je n’ai vraiment pas de regret, je suis jeune et il y aura d’autres occasions. Je ne suis pas encore prêt pour changer de nationalité vous savez !!!! ( Rire)

Quel est ton rêve avec la sélection nationale ?


Participer à une phase finale de la coupe du monde, nous sommes aujourd’hui une grande nation de football, après notre prestation à la dernière CAN. Il faut maintenant revoir nos ambitions autrement, avec moi ou sans moi je rêve à ce que le Benin participe à une phase finale de la coupe du monde, bien sûr avec moi ça serait un rêve fou.

Un mot de la fin?


Merci à vous pour l’intérêt porté sur ma personne, j’ai vraiment aimé ce petit moment de partage. Je continue à jouer pour mon être et faire connaitre davantage mon pays de par le moment par mes prestations. A cœur vaillant rien d’impossible.

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